La plume et le prétoire

Denis SalasLa justice, le droit et les tribunaux ont toujours exercé un pouvoir de fascination sur les romanciers. Très tôt dans la littérature, le monde de la justice symbolise une puissance redoutée. L’arbitraire des juges, le fanatisme de la répression, les conditions d’incarcération sont ses thèmes privilégiés. De nombreux écrivains se sont intéressés à ces sujets. Comment ont-ils perçu la justice? Cet ouvrage propose un tour d’horizon de leurs différentes visions.

L’écrivain dans les années 1750-1830 est devenu un guide respecté, un leader d’opinion, une figure éminente de l’espace public. À cette place, il bouscule les codes de son temps. S’engage alors un conflit entre la liberté d’expression et les limites que le pouvoir lui impose. Le procès devient le lieu d’un débat indécis, âpre et violent. Ce débat se poursuit dans les oeuvres elles-mêmes.

À l’abri de la fiction, l’écrivain y retrouve sa souveraineté. Aux tribunaux bien réels, il oppose la justice telle qu’il l’imagine. Le droit a un souffle narratif que la loi n’a plus. Qu’elle soit imaginée dans un récit ou rencontrée dans le prétoire, la justice est la scène d’un conflit entre les droits et la loi. Face à la force injuste de la loi, les héros livrent de beaux combats. Violence et puissance sont toujours au premier plan. Modération, tolérance, compréhension dessinent son horizon (extraits de la présentation de l’éditeur).

* Denis Salas (dir.), La plume et le prétoire – Quand les écrivains racontent la justice, La Documentation française, 2014.