Manuel Valls: ses priorités dans le domaine de la culture

Manuel Valls a été nommé, le 31 mars 2014, au poste de premier ministre par le président de la République, François Hollande*. L’ancien ministre de l’Intérieur s’est illustré au cours de son mandat par des interventions dans des domaines relatifs à la culture. Il a notamment voulu l’interdiction d’un spectacle de Dieudonné. Quelles sont plus généralement ses positions en matière culturelle? Il avait énoncé ses convictions lors de la primaire citoyenne pour désigner le candidat commun au Parti socialiste et au Parti radical de gauche à l’élection présidentielle de 2012.

«Je veux faire de la culture ma priorité», avait affirmé M. Valls à cette occasion. Il avait immédiatement ajouté, dans son Abécédaire optimiste1, que «cela ne passe pas par des moyens supplémentaires vu l’état de nos finances publiques». Il indiquait dans son clip de campagne, mis en ligne le 27 septembre 2011, que le financement de la culture devrait reposer sur un mélange entre les fonds publics et des investissements privés. Il suggérait alors de se tourner vers l’«économie solidaire», le «microcrédit» ou l’«actionnariat citoyen» afin de financer le secteur.

Le nouveau premier ministre détaillait ensuite son premier objectif. Il consistait à ce que «chaque enfant du primaire puisse pratiquer une activité artistique et fréquenter les oeuvres capitales qui s’y rattachent». Il souhaitait ainsi rendre «l’éducation culturelle» accessible à tous. Il identifiait ensuite un second défi, celui «de préserver la diversité de la production et de la diffusion culturelles» dans le contexte des bouleversements apportés par l’internet. Il souhaitait en conséquence favoriser l’«accès à la diffusion des contenus et à la juste rémunération des auteurs».

Enfin, M. Valls envisageait une plus grande décentralisation dans le domaine de la culture. Le candidat à la primaire citoyenne voulait «encourager une organisation plus décentralisée de la culture» afin d’«être au plus près des réalités du terrain». Il concluait sa présentation sommaire en affirmant que l’échelon local demeure «le plus opérationnel» pour développer «l’éducation artistique et les pratiques en amateur».

* À l’origine, le texte a été publié, le 31 mars 2014, sur le site des Chroniques du droit de la culture.

1 Le texte a été rédigé sur la base du clip de campagne, mais les propositions du candidat ont aussi été publiées sous forme de livre: Manuel Valls, L’énergie du changement – L’abécédaire optimiste, Paris, Éd. du Cherche-Midi, 2011.