Saatchi Gallery: deux oeuvres censurées pour blasphème contre l’islam

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SKU, U.S.I. III., 2014, Saatchi Gallery

Deux oeuvres de l’artiste SKU ont été censurées à la galerie d’art Saatchi, à Londres, à la suite de plaintes de visiteurs musulmans. Les oeuvres ont été jugées blasphématoires parce qu’elles associent un texte islamique à différentes images, dont celles de femmes dénudées.

L’artiste aurait lui-même suggéré de recouvrir ses oeuvres de draps afin de répondre aux critiques exprimées par un nombre non précisé de visiteurs, selon le Sunday Times. «Cela semblait une solution respectueuse permettant un débat sur la liberté d’expression par rapport au prétendu droit de ne pas être offensé»*, a-t-il confié à l’édition dominicale du journal britannique.

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SKU, U.S.I. II., 2014, Saatchi Gallery

Les deux tableaux représentent un drapeau états-unien stylisé et recouvert du texte de la chahada, la profession de foi de l’islam. L’arrière-plan de la première oeuvre (U.S.I. II.) laisse entrevoir La grande odalisque (1814), de Jean-Auguste-Dominique Ingres, ainsi que des images de femmes nues ou portant de la lingerie. L’arrière-plan de la seconde oeuvre (U.S.I. III.) montre un collage d’images de fruits, de viande, de yeux, de visages et de femmes nues s’offrant dans des poses suggestives.

La galerie d’art contemporain, fondée par le magnat de la publicité Charles Saatchi, a refusé de retirer les oeuvres controversées de l’exposition. Un porte-parole a expliqué au Sunday Times qu’il appartient aux visiteurs de tirer leurs propres conclusions quant à la signification de l’art. La galerie a confirmé son soutien à la liberté artistique, tout en reconnaissant «la sincérité des plaintes formulées contre ces oeuvres»* et en se rangeant derrière la décision de l’artiste de les couvrir jusqu’à la fin de l’exposition.

Les deux oeuvres, conçues en 2014, faisaient partie de l’exposition Rainbow Scenes. À côté de ces deux tableaux plus anciens, l’événement présentait de nouvelles oeuvres de l’artiste connu sous le nom de SKU. Ces lettres renvoient à l’expression «stock keeping unit», une unité de mesure utilisée en gestion des stocks. Il existe peu d’autres informations sur l’artiste, sinon qu’il vit et travaille à Londres. L’exposition s’est déroulée du 17 avril au 3 mai 2019.

Toutes les traductions sont de l’auteur de l’article.