Une pétition demande le retrait d’une toile de Balthus

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Balthus
Balthus, Thérèse rêvant, 1938, Metropolitan Museum of Art (détails)

Le Metropolitan Museum of Art refuse de retirer une oeuvre controversée du peintre français Balthus de sa collection permanente. Une pétition en ligne, signée par plus de 9 000 personnes, demande en effet le retrait de la toile Thérèse rêvant des cimaises du musée new-yorkais.

«J’ai été choquée de voir une peinture qui représente une jeune fille dans une pose suggestive»*, indique Mia Merrill dans sa pétition publiée après sa visite au Metropolitan Museum of Art. La toile de Balthus montre une jeune fille assise d’une manière nonchalante sur une chaise, sa jupe relevée laissant apparaître ses sous-vêtements.

L’instigatrice de la pétition estime que «cette peinture idéalise la sexualisation d’une enfant»*. Elle accuse le musée de «soutenir le voyeurisme et l’objectivation des enfants»* puisque la toile n’est accompagnée d’aucune explication. Mme Merrill qualifie plus généralement l’oeuvre de Balthus «d’ouvertement pédophile»*.

Après les premières réactions à sa pétition mise en ligne le 1er décembre 2017, Mme Merrill a précisé qu’elle ne demande pas la censure de la peinture, sa destruction ou son retrait définitif de toute exposition au public. Elle souhaite dorénavant que Thérèse rêvant soit présentée dans une autre salle du musée ou qu’elle soit accompagnée d’une note explicative.

Le musée new-yorkais n’a pas directement répondu à ces demandes et n’a pas clairement indiqué si des mesures seraient prises. Le directeur de la communication du Met, Ken Weine, a expliqué à la presse que des «moments comme celui-ci offrent l’occasion d’une conversation, et les arts visuels sont un des moyens les plus importants que nous avons pour réfléchir sur le passé et le présent»*.

Balthus, de son vrai nom Balthasar Klossowski, a peint Thérèse rêvant en 1938. Le site du Metropolitan Museum of Art précise que le modèle, Thérèse Blanchard, avait 12 ou 13 ans au moment où la toile a été peinte. La jeune fille, une voisine de Balthus, apparaît seule ou avec son frère Hubert dans onze toiles de l’artiste français.

Thérèse rêvant a été acquise, en 1938, par la Galerie Pierre Matisse de New York pour la somme de 438,40 $US. Ses derniers propriétaires, Jacques et Natasha Gelman, l’ont légué au Met, en 1988. Elle est exposée dans la salle 907 consacrée essentiellement à des artistes français ou à des artistes ayant vécu en France avant et après la Première Guerre mondiale.

* Toutes les traductions sont de l’auteur de l’article.